was successfully added to your cart.

Panier

Category

CARNET DE VOYAGE

Couleurs

« Tu n’es plus là où tu étais, mais tu es partout là où je suis. » – Victor Hugo. 

Faire face à la disparition d’un proche amène, pour toutes générations confondues, un ensemble de questions sur son chemin de vie. C’est une remise à zéro. La mort fait peur. Où est-ce l’inconnu de la mort ? Funeste moment solitaire. Au délà de la mort s’éparpille une explosion de souvenirs, d’odeurs et de sons. Des moments qu’on ne souhaite pas oublier. On s’accroche à cette mémoire, comme à un dernier rempart dans la bataille face à la crainte cruelle de l’oubli. Un monde s’écroule, les émotions bouillonnent, le vide et le silence deviennent assourdissants. Cette colère que l’on ne saurait contre qui tourner. Puis, l’étape cruciale de ce périple endeuillé se profile ; la terre tourne encore, le monde vit autour de nous. Le corps et l’esprit, alors, s’acclimatent doucement et acceptent ce départ soudain. 

En créant cette œuvre, je suis alors bercée par la chanson de Louane, accompagnée de son piano.

« Est-ce que tu m’entends ? Est-ce que tu me vois ? Qu’est-ce que tu dirais, toi, si tu étais là ? …. J’ai des conversations imaginaires avec des gens qui ne sont pas sur la terre. »

Dans ce visuel présenté, ce personnage, seul face à une étendue d’eau s’invite dans une danse intime, comme emporté par les bras de la personne qui lui manque. La mort est une perte sans nom qui se cache derrière un bouquet de souvenirs qui fleurissent et qui s’enrichissent grâce à notre mémoire. Des souvenirs colorés et intenses qui viennent éclaircir, au fil du temps, cette sombre tristesse. 

Cocon doré

Une mélancolie  m’emporte comme sur la musique de Yann Tiersen, compte d’un autre été. Cette mélodie qui se promène dans mes oreilles et qui me replonge dans des souvenirs propres. Cette fenêtre ouverte, ouverte au monde, ouverte à la découverte mais qui, derrière elle, cache un confort certain et la construction de son avenir. 

Miroir de l’étranger

« Je est un autre » – Rimbaud.

Les répères ont un côté rassurant. Ils mettent un cadre, un moyen de ne pas perdre pied. Le malheur de la différence est d’instaurer une séparation entre vous et moi. Par la façon dont nous sommes habillés, par notre couleur de peau, par nos croyances, notre façon de nous tenir et notre éducation.  Ce récit se passe dans la rue, quand la lune prend le dessus sur le soleil. Des voitures qui te frôlent et roulent à toute vitesse. Puis un bolide semble s’arrêter. Que me veut cette personne ? Du haut de son moteur vrombrissant, ces mots, durs, qui te ramènent à ta différence. « Je vais te baiser, sale noire. » Tu es déshumanisée, un objet de désir. Ta couleur te démontre ton étrangeté. Alors te promener en rue te devient difficile et désagréable, comme si le soleil ne se lèverait plus.

Cette œuvre est une boule de neige, qui se transforme en une avalanche. Cette boule de neige, simple métaphore du Masque. Le Masque qui peut être utiliser dans certaines circonstances angoissantes. Être quelqu’un d’autre pour être acceptée. Masquer ses différences pour s’intégrer dans la norme.

Cette œuvre en est la représentation. Durant mes recherches, une volonté de faire ressortir une texture esthétique mais dérangeante. J’ai collé une feuille de papier sur une base pré-existante et l’ai arrachée. Ce mouvement qui vous déchire de l’intérieur lorsque l’on vous fait remarquer vos points de différences face à votre interlocuteur. Ce mouvement de colère qui peut se glisser dans vos mains et cette sensation d’injustice et d’incompréhension, car au final nous sommes tous des êtres humains et le masque tombe aussi durement que l’avalanche déferle.  

L’œuvre est en échos avec plusieurs sources de réflexions et d’inspiration. Notamment entrainée par le tempo de la chanson de HK & Les Saltimbanks Ft. Flavia Coelho – L’étranger. Deux voix qui se mélange ainsi que deux langues parlées pour créer une chanson forte. 

« Je suis cet homme qu’on appelle, l’Etranger
Celui qui vient sans qu’on l’appelle, l’Etranger
Cet homme à la couleur étrange, l’Etranger
Celui qui bien souvent dérant, l’Etranger
Celui qu’on cache quand on a honte, l’Etranger
Ou bien des histoires sur mon compte, l’Etranger
Les yeux bleus comme une orange, l’Etranger
Ah non je ne suis pas un ange.
So estrangeiro
So estrangeiro
Je suis l’Etrange
Mas um como eu, como vôce »

Nos différences nous rendent uniques.

La faille

« Un homme peut arriver à haïr celui qui l’a vu dans toute sa faiblesse » – Stephen King

La faiblesse, de la montrer, d’ouvrir ses failles, n’est-il pas une richesse ? Ouvrir une boîte de Pandore qu’on ne souhaite pas faire découvrir. Ce sont à partir de nos faiblesses que nos forces ressortent et se forgent.

Cette œuvre raisonne avec la chanson d’Eurythmetic « Sweet dreams of Melody » « Some of them want to get used by you, some of them want to abuse you ». Cette œuvre dégouline de peur. A trop cacher ses faiblesses, on se construit un mur en papier maché. On le pense aussi solide que de la pierre. Et pourtant, il y a certaines failles qui ne se colmatent pas. Mais, au lieu de disparaître derrière ces imperfections, on s’expose, on sort de notre cache pour découvrir l’autre côté du mur.

Censuré

« Tout individu a droit à la liberté d’opinon et d’expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considération de frontière, les informations et les idées par quelques moyen d’expression que ce soit. » Article 19 – Déclaration universelle des droits de l’homme. 

S’exprimer, prendre la parole sont des actes forts face à son interlocuteur. Encore faut-il ne pas amputer notre pensée et notre façon de voir. Ne pas s’intérioriser et se laisser gentiment consummer par la culpabilité d’une idée différente. L’exercice est difficile. Quand les codes d’une société vous orientent et vous placent dans des cases bien trop strictes et carrés. Dès l’enfance, l’auto-censure fait surface. Rappelez-vous, lorsque petit, vous organisiez un spectacle pour vos parents. Votre esprit, porteur d’insousciance, et, parfois, de ridicule, vous laissait oser être vous-même. Et peut-être une fois votre mère / votre père vous fait remarque : « Non pas de cette façon, ne dis pas ça ! ». La première auto-censure éclo. Exptrapolons ce moment dans le contexte actuel, où l’ouverte au monde et son exploration se font derrière un clavier. Il suffit de tapoter certains mots clés afin de tomber nez à nez avec une image dérégeante, affligeante, blessante. Où se trouvent les limites de notre censure actuellement, lorsque tout notre quotidien virtuel semble tronqué par de savants calculs. Y’a-t’il réellement la possibilité de s’exprimer, d’être le guide de ses pensées, ou sont-elles trompées et trompeuses ? 

« The choice is yours, don’t be late. Take a rest, as a friend, as an old memoria » ¬– Le célèbre riff de guitare de la chanson engagée du groupe Nirvana vous fera forcément bouger la tête dans tous les sens. Un lâcher prise est-il possible ? Seulement peut-être avec les volets fermés, par crainte de se voir censurer par la voisine. Il ne faudrait surtout pas la déranger. La voix rauque de Kurt Cobain et sa rage à défendre son texte, ce sentiment que cette voix se consumme de l’intérieur et fait vibrer ses tripes. Comme un geste pour faire taire, cette œuvre se brûle. La ditacture de l’auto-censure renaît de ces cendres. Les couleurs, tout comme les volets entre-ouverts, laissent percevoir une lueur d’espoir. 

Jungle urbaine

« Il y a quelque chose dans l’air de New York qui  rend le sommeil inutile » – Simone de Beauvoir

La pomme américaine où la notion de temps s’efface. Le bruit continuel des cris stridents, des sirènes, les voitures insomniaques et ce brouahaha latent. Face à ses rues parallèles et bien ordrées, la facilité de se mouvoir et de s’orienter. Les idées et les pensées, elles, sont plus volatiles que désordonnées. Une richesse artistique construite dans ses arbres métalliques qui, de leur hauteur, vous surplombent et manque de vous faire peur. Une usine géante. Une fourmillière où peuplent plusieurs rangs de milliers de petites fourmis. Une jungle urbaine immense, remplie de personnalité haute en couleur. Mais n’est-elle pas un mirrage ? La vie New-yorkaise est-elle remplie de rendez-vous et d’interaction humaine ? Où restons-nous perchés là-haut dans notre tour d’ivoire ? 

« Grew up in a town
That is famous as a place of movie scenes
Noise is always loud
There are sirens all around
And the streets are mean
If I could make it here
I could make it anywhere
That’s what they say »

Le tempo entraînant d’Alicia Keys sur son piano et sa voix nous laissent deviner que le rêve est possible. L’impossible n’est pas visible. Le cri d’une femme pour l’amour de sa ville. New-York boulverse, dérange, intrigue. Sur la carte postale, elle vend du rêve avec des lumières éclairées en permanence et des monuments incontournables. Mais mon œuvre recherche l’envers du décord : gratter sous ces buildings artificiels pour en laisser sortir un contrastre fort. Cette ville que l’on adore ou que l’on fuit. On est séduit par cette ambiance consmopolite mais boulversé par cette pauvreté cachée. Polyvalente et pleine de ressources, New-York a su séduire et séduira encore le temps d’un voyage.

Vers l’inconnu

L’inconnu susciste chez tous les êtres humains des peurs, des angoisses et parfois des questions existentielles. La peur est constamment en mouvement. Au départ une simple crainte, qui s’associe à de belles frayeurs, puis peut se transformer en phobie, lesquelles aboutissent parfois à une paranoïa. Au début d’une expédition, un moyen de transport, témoin réel de l’inconnu. Il est plus aisé de contextualiser ses peurs sur un objet que de réfléchir au chemin interne qui les abrite. Paraît-il que l’avion est le transport le plus sûr au monde. Pourtant, de nombreuses personnes se trouvent réfreinées dans leur désir d’aventure par cet oiseau métallique. Alors pourquoi cet illogisme ?

A bord d’un avion, nous ne contrôlons plus rien. Nous ne pilotons pas, ce ne sont pas dans nos compétences, nous ne pouvons pas fuir, la porte est close. Nous sommes scotchés à notre siège. La bouche fermée, les mains crispées. Nous ressemblons à ces lamelles de scotch, collées de façon imparfaites et irrégulières comme sur cette œuvre. Des peurs projetées sur un cliché. Le hublot et la vue sur les montagnes. Certains pourront trouver cette image esthétique, d’autres la trouveront banales et certains se retrouveront terrifiés d’être au dessus du globe terrestre. Le rouge, symbole de l’amour, la découverte d’un nouvel être, la tendresse et l’excitation que celui-ci suscite. Le rouge, symbole également du sang, de la mort, du feu, de l’explosion et de l’angoisse de la mort, de la question de l’existence, est-ce que je vais mourir dans cet avion ?  Le bleu inspire la liberté de pouvoir être dans les airs. La liberté de pouvoir s’envoler et de découvrir de nouvelles destinations. 

Cette œuvre a été portée par la voix roque d’Alaing bashung : 

«Car si la terre est ronde et qu’ils s’y aggrippent, au delà c’est le vide. » où « A voir le monde si haut comme un damier, comme un lego, comme un imputrescible lego, comme un inscect mais sur le dos, c’est un grand terrain de nulle part avec de belles poignées d’argent … ». La peur est enfin de compte moteur à la vie. 

Et si nous prenons le temps de combattre nos peurs, les portes s’ouvrent gentiment et nous permettent de découvrir, de parcourir ce monde empli de richesses.

Adopter l’identité

Une tempête de questions qui finit par bousculer votre fondement principal ; L’Identité. Cette identité que l’on ne peut définir si facilement. Elle se façonne à travers votre éducation, les amis qui vous cotoyent, la culture qui vous englobe, mais aussi les rites de sociétés. Mais lorsqu’un de ses pôles est pertubé, comment réagissez-vous ? Imaginez ne pas connaître vos ancêtres, vos origines, votre pays natal. Très vite, les repères se retrouvent boulversés. Il faut alors se battre contre ses peurs abandonniques et contre ce mystère identitaire. Cette histoire est une empreinte de vie, comme une adoption précoce. Cache-t-elle une trame dramatique, mêlée de guerre, de pleurs et de peurs ? Survivant à ces premiers pas délicats, vous n’avez le choix d’avancer et de vous construire une identitée propre. Mais la tempête de question se précipite, dérange, inquiète. Des questions parfois sans réponses qui vous frustrent, qui restent, qui planent au-dessus de vos têtes. Dans ma tête, justement, trotte des notes. L’inspiration musicale de cette œuvre me vient et s’unit avec Gael Faye. 

« Trimant pour me rappeler mes sensations sans rapatriement
Petit pays je t’envoie cette carte postale
Ma rose, mon pétale, mon cristal, ma terre natale… »

Les instruments prennent leur place les uns après les autres, comme ce mélange de textures que vous apercevez sur mon visuel. Une première approche avec le masque, celui de l’Adopté qui vous colle à la peau. Puis, sa déconstruction par différentes textures qui viennent s’entre-choquer les unes contre les autres. Comme cette identité chamboulée, questionnée, mais surtout recomposée et rétablie. 

Hit the road

« Il y a un but, mais pas de chemin ; ce que nous nommons chemin est hésitation. » – Franz Kafka

Et si… Et si… Et si… Avec des si, on reconstruirait notre montre. La vie n’as pas un chemin unique tracé. Elle est parcourue par de nombreuses ramifications qui compliquent la tâche. Mais ne serait-elle pas ennuyeuse dans le cas contraire ? Parfois, on suit une route qui semble être bonne, mais on se retrouve dans un sens unique. Parfois, du bas de la côte, on aperçoit une montée qui nous semble insurmontable. En adaptant le rythme, celle-ci devient plus abordable. Ces chemins sont précieux. Peu importe si le choix est bon ou pas, au final il nous emmène à une destination et nous réserve à chaque fois de nouvelles suprises. 

Ces itinéraire rythment notre vie. A droite ou à gauche ? On monte ou on descend ? On esquisse ou on continue ? On fonce dans le mur ou on l’escalade ? Cette œuvre qui vous est présentée est accompagnée par la chanson du célèbre Ray Charles « Hit the road Jack ».  

« I’d have to pack my things and go ». Un tempo entraînant. Cette œuvre vous démontre la richesse des chemins que vous pouvez choisir. Ceux-ci sont révélés par un pigment doré. Le reste est volontairement flou. La richesse de ce parcours, c’est de ne pas savoir où l’on va. 

Le lac

Quand le vent vous vole vos cheveux et que l’air marin vous emmène au Sud. Le cri des mouettes vous rappellent tant d’histoire, tant de moments d’enfance, de moments d’insousciance. 

Une pause introspective dans ce voyage artistique. L’eau a un effet apaisant, pourtant c’est déchainé que le rythme de Louise Attack accompagne cet instant de création. « Allez viens j’temmène au vent, je t’emmène au dessus des gens. Et je voudrais que tu te rappelles, notre amour est éternel et pas articiel… » 

Ce visuel a été trempé. La feuille de papier a donc dû être déplacée avec précaution. Une fois cette étape réussie, c’est comme si le lac vous donnait une vague de salutations. Les couleurs dégoulinent et on voit au loin, un semblant de rive. Peut-être un nouvelle destination?